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Nouvelle consigne

Nouvelle consigne

06-02-2019 à 09:22:43

À l’heure où les pouvoirs publics, aidés par les entreprises, promeuvent des actions pour atteindre le « zéro déchet », différents acteurs privés remettent la consigne au goût du jour.

 

Pollution, déchets, recyclage… Autant de mots qui animent régulièrement les débats autour de l’écologie. Comment consommer tout en préservant les ressources et notre environnement ? Vaste problématique à laquelle s’attellent de nombreux acteurs publics et privés.

En France, nous consommons chaque année 335 000 tonnes de canettes et bouteilles en plastique. Et seulement 60 % du plastique et 45 % des canettes en aluminium sont recyclés. S’il existe des circuits de recyclage collectifs et individuels et des points de collecte, le gouvernement s’est donné pour mission de mettre en place des solutions plus efficaces afin d’atteindre en 2025 l’objectif, ambitieux, de 100 % du plastique consommé recyclé.

Dans cette perspective, les pouvoirs publics s’intéressent de nouveau à une pratique anciennement utilisée en France : la consigne. C’est-à-dire le fait d’associer un emballage à une caution (de l’ordre de quelques dizaines des centimes) que le consommateur paye à l’achat et récupère sous forme monétaire ou de bon d’achat lorsqu’il le restitue. Cette démarche a pour effet d’inciter le consommateur à rendre ses emballages dans des points de collecte définis. Des réseaux, comme « Reco-Suez », ont installé une centaine de kiosques de collecte sur des parkings de supermarché, permettant ainsi, depuis quatre ans, le recyclage de 128 millions de bouteilles en plastique. Autre exemple, l’entreprise Lemon Tri propose aux municipalités des machines de consigne où les bouteilles non seulement ne coûtent pas plus cher mais génèrent une somme de deux centimes en bon d’achat par bouteille en plastique rapportée.

Plus récemment, une entreprise américaine spécialisée dans le recyclage, Terra Cycle, a lancé une plateforme de commerce en ligne, baptisée Loop, à laquelle sont associées des marques internationales de la grande distribution, dont Nestlé, Coca-Cola, Danone ou encore Carrefour. Le principe de fonctionnement est le suivant : le consommateur achète sur le site des produits de consommation courants tels que pâtes, huile, jus de fruits, produits de beauté et d’entretien. La particularité est qu’il n’achète que le contenu et non son emballage, fabriqué à partir d’un matériau réutilisable. Une fois le produit consommé, une entreprise de transport partenaire vient récupérer les contenants à domicile au moyen d’un sac spécifique destiné à éviter les cartons et autres emballages.

Le consommateur pourra également faire reprendre des produits d’usage recyclables (rasoirs, couches, etc.). Le produit livré est disponible selon un prix relativement identique à celui d’un produit avec emballage à usage unique. En revanche, le client devra s’acquitter d’une caution de quelques euros et des frais de transport : vingt-cinq euros de livraison à la première commande, gratuit à partir de douze produits. Qu’en pensez-vous ?

 

Mikaël de Talhouët

 

Actuailes n° 95 – 6 février 2019


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