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Une caravane de migrants

27-11-2018 à 23:03:00

Plusieurs milliers de migrants (environ 7 000 selon l’ONU), en grande majorité en provenance du Honduras (pays d’Amérique du Sud en proie à la violence et à la pauvreté : 68 % des 9 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté), se sont dirigés au mois d’octobre dernier vers les États-Unis via le Salvador, le Guatemala et le Mexique avec l’espoir de s’y installer et de trouver une vie meilleure. Ils sont arrivés jusqu’à la ville mexicaine de Tijuana, située à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Face à cette perspective, le président américain a réagi en disant : « Je dois, dans les termes les plus forts, demander au Mexique d’arrêter cette attaque – et s’il n’en est pas capable, j’appellerai l’armée américaine et fermerai notre frontière sud ! » Pour lui, cette caravane de migrants représente une menace, car elle comprendrait des criminels et des trafiquants de drogue.

La fermeture de la frontière entre le Mexique et les États-Unis serait dramatique pour les Mexicains : les deux pays partagent plus de trois mille kilomètres de frontière, dont une partie à travers le désert. Même si des clandestins, des armes et de la drogue passent régulièrement de façon illégale, la frontière est également franchie quotidiennement par un million de personnes pour travailler ou faire du commerce. Sa fermeture mettrait en péril la vie de plusieurs milliers de familles qui ne pourraient plus travailler et subvenir à leurs besoins. Il est donc essentiel de résoudre cette situation problématique.

À l’heure actuelle, des discussions sont en cours entre les gouvernements du Mexique et des États-Unis pour trouver une solution face à cette question migratoire : la demande d’asile des migrants devraient être examinée par un juge américain. En cas de refus, les personnes seraient reconduites dans leur pays.

3 400 migrants honduriens auraient déja été renvoyés dans leur pays d’origine par le Mexique. Mais une telle mesure ne décourage pas les migrants qui reprennent la route aussitôt après : « Si vous nous renvoyez, nous reviendrons ! », chantent plusieurs d’entre eux. Ils sont persuadés que leur vie ne pourra être que meilleure s’ils parviennent à s’installer aux États-Unis.

Comme en Europe, la question des migrants en Amérique est très sensible et compliquée : s’il paraît normal de devoir porter aide et assistance aux personnes dans le besoin, il n’est pas possible pour un pays d’accueillir tout le monde, au risque de se déstabiliser lui-même à partir d’un certain point. De plus, il est compliqué de faire la part des migrants en situation de détresse et les membres de gangs criminels. Enfin, les États-Unis fournissent déjà une aide financière à ces pays d’Amérique du Sud pour qu’ils puissent résoudre leurs problèmes internes.

Une solution pourrait être un accord entre tous les pays de la région pour, d’une part, aider à endiguer la violence et la pauvreté au Honduras et au Guatemala et, d’autre part, accueillir les personnes en réelle situation de détresse et de besoins.

François Senlis

 Actuailes n° 92 – 28 novembre 2018


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