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La Route du Rhum

La Route du Rhum

14-11-2018 à 07:17:00

Ils étaient cent vingt-trois skippers à s’élancer de Saint-Malo le dimanche 4 novembre, direction Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, pour la XIe Route du Rhum, épreuve disputée tous les quatre ans depuis 1978. Cent vingt-trois skippers répartis en six « classes » de voiliers, de sorte que chacun puisse tenter un exploit à la mesure de ses compétences et de ses moyens. Mais pour tous,le même parcours et les mêmes conditions météorologiques...

Une transat en solitaire, c’est d’abord une parfaite maîtrise de son bateau. Même si l’équipe à terre est depuis longtemps indispensable pour préparer le bateau et assurer le routage, l’habileté et le jugement du skipper restent déterminants. Très peu de marins sont d’ailleurs capables de manœuvrer un trimaran ULTIME, monstre de 30 mètres pouvant atteindre 45 nœuds (80 km/h). Dans cette catégorie, on ne trouve d’ailleurs que des Français comme François Gabart, Thomas Coville ou Armel Le Cleac’h. Mais la Route du Rhum permet également à des navigateurs amateurs, mais tout aussi déterminés et passionnés que les pros, à se confronter à l’Atlantique.

Une course au large, c’est aussi prendre des risques en poussant son bateau au bout de ses limites. Une trop grande prudence n’est pas de mise dans une course, ce qui entraîne parfois de la casse : une quinzaine d’abandons dès les premiers jours, des répara-tions de fortune pour d’autres skippers ou encore une escale technique aux Açores… Le risque est surtout de se retrouver en péril au milieu de l’océan, tel Armel Le Cléac’h qui a chaviré le 6 novembre (il a été récupéré par un navire de pêche). Face aux conditions très difficiles rencontrées pendant la première semaine de course, de nombreux skippers (une quarantaine en tout) ont d’ailleurs préféré s’abriter dans un port français, espagnol ou portugais pour reprendre la mer dans de meilleures conditions : le choix de la sagesse !

Une transat en solitaire, c’est enfin une épreuve d’endurance et de maîtrise de soi. Concentration permanente, gestion de sa fatigue, changements de voile et réglages qui nécessitent des efforts physiques intenses. Et jusqu’au bout l’esprit de compétition, l’espoir de regagner une place ou la crainte d’une erreur, à l’image du duel que se sont livrés François Gabart et Francis Joyon pendant la dernière soirée de course, lors du tour de la Guadeloupe. Francis Joyon repasse devant pour les trois dernières heures et s’impose en 7 jours, 14 heures et 21 minutes (nouveau record) avec 8 minutes d’avance seulement. Armel Tripon (en MULTI 50) et Alex Thomson (en IMOCA) devraient arriver 4 ou 5 jours plus tard, mais tous méritent notre admiration.

Benoit Dubois

Actuailes n°91 - le 14 novembre 2018




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