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Les ours de la discorde

Les ours de la discorde

17-10-2018 à 05:45:00

Récemment, deux ours ont été lâchés dans les Pyrénées. Mais un hélicoptère a dû être utilisé, car de nombreux opposants bloquaient les routes. Quelles sont les raisons de cette opposition aux ours ?

 

Une présence ancienne

L’ours est présent dans les Pyrénées depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Il a beaucoup été chassé à la Préhistoire pour sa fourrure et sa viande. Les Romains capturaient des ours pour qu’ils se battent contre des bêtes sauvages dans des arènes. Au Moyen Âge, la chasse poussa les ours vers les montagnes et seules les Pyrénées ont continué à abriter une espèce qui s’amenuisait toujours davantage. Il y avait un risque que l’ours disparaisse définitivement.

C’est la raison pour laquelle, dans les années 1990, le gouvernement a décidé de réintroduire des ours dans les Pyrénées. Ils viennent de Slovénie, un petit pays à l’est de l’Italie où vivent plusieurs centaines d’ours. Il y aurait désormais une quarantaine d’ours sur la partie française des Pyrénées. Toutefois, leur survie est fragile et il faut veiller à l’équilibre entre mâles et femelles.

La peur des bergers

L’ours est un omnivore opportuniste qui mange avant tout des plantes (70 %), mais aussi des animaux (vers, insectes dont des abeilles). Il peut attaquer des moutons – trois cents ont été tués en 2017 à cause des ours. La majorité des bêtes tuées n’ont pas été mangées par les ours, mais sont tombées d’une falaise en voulant fuir. Durant les attaques, les moutons ont tendance à fuir dans plusieurs directions et les bergers ont ensuite beaucoup de mal à rassembler leurs troupeaux.

Souvent, ils ne sont gardés que par des chiens, appelés patous, sans présence humaine. Même si les bêtes tuées sont remboursées par l’État, les éleveurs sont en colère car des moutons meurent à cause du stress, ce qui n’est pas pris en compte par l’État. En résumé, la cohabitation est difficile, car les éleveurs ne souhaitent pas continuer à subir un prédateur qui avait disparu de leurs vallées, permettant aux troupeaux de paître en toute sécurité.

Le grand retour des loups

Il est un autre prédateur qui a fait son retour en France. Il s’agit du loup qui a d’abord reconquis les montagnes, mais est maintenant régulièrement signalé en plaine. Alors que cet animal avait disparu en France au XIXe siècle, il est réapparu naturellement en 1992 quand des loups sont venus d’Italie. Aujourd’hui, on estime sa population à environ quatre cent trente loups, en augmentation de 20 % sur un an.

Une louve donne naissance à quatre à huit louveteaux. Les loups se nourrissent de gros gibiers (cerfs, chevreuils ou sangliers), de petits gibiers comme les lièvres, mais peuvent aussi attaquer des animaux d’élevage comme les moutons et plus rarement des veaux ou des chevaux. Les attaques contre les hommes, fréquentes au Moyen Âge, sont aujourd’hui exceptionnelles mais pas impossibles. De plus, le risque contre l’homme augmente à mesure que le loup se développe. Le loup est une espèce protégée, mais l’État autorise la chasse d’environ quarante loups par an. Cela ne satisfait pas les éleveurs, dont environ dix mille bêtes sont, chaque année, tuées par les loups. Et comme pour l’ours, cela pose la question de la possible cohabitation des prédateurs sauvages avec des animaux d’élevage. Et de l’utilité de protéger des prédateurs que nos ancêtres avaient eu tant de difficultés à éradiquer.

Le savais-tu ?

Le mystère de la bête du Gévaudan

Entre 1764 et 1767, de terribles attaques contre des hommes ont lieu dans le pays du Gévaudan, au sud de l’Auvergne. Alors que la France est, à cette époque, peuplée de plus de vingt mille loups, les personnes attaquées décrivent une bête terrible. Elle entre alors dans la légende et Louis XV envoie ses meilleurs chasseurs et soldats pour la tuer. À ce jour, le mystère reste entier. La bête était-elle un très gros loup, plusieurs loups attaquant ensemble, un croisement de chien et de loup, ou encore un animal exotique comme une hyène, enfuie de la foire de Beaucaire ? Personne ne le saura jamais et le mystère reste entier.

 

Julien Magne

 

    Actuailes n° 90 – 17 octobre 2018

 

 

 




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