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Sainte Thérèse d’Avila : un cœur de feu

Sainte Thérèse d’Avila : un cœur de feu

03-10-2018 à 06:24:00

Le 15 octobre, les chrétiens fêteront cette grande dame, canonisée en 1622, proclamée patronne de l’Espagne en 1627 et première femme docteur de l’Église en 1970.

 

– Viens, Rodrigo, marchons vers le sud. Là-bas, on se bat contre les Maures et les Maures tuent les chrétiens. Nous leur dirons que nous aimons Jésus, ils nous tueront et nous serons des martyrs. Nous irons droit au Ciel !

La petite Teresa entraîne son frère et les voilà partis ! Ils sortent d’Avila et marchent bravement en direction de Salamanque. Soudain, un cavalier arrête son cheval à leur hauteur. C’est l’oncle Francisco. Il est en colère.

– Que faites-vous là ? Demi-tour, dépêchons !

À la maison, les parents se fâchent. Rodrigo se défend :

– C’est la petite qui l’a voulu !

La petite, c’est Teresa de Ahumeda, née le 28 mars 1515 à Avila en Castille (Espagne).

Elle a 6 ans quand elle rêve du martyre. Elle manifeste une imagination débordante et un caractère passionné. Pas question d’être martyr ? Eh bien, nous serons ermites, décrète Thérèse. Dans le jardin familial, avec son frère, elle construit de petits ermitages. Elle ne renonce jamais.

À 12 ans, Thérèse perd sa maman. C’est très dur et elle se tourne vers les mondanités pour oublier. Elle est belle, elle le sait. Elle soigne ses mains, sa coiffure, choisit des parfums très coûteux. Inquiet de la voir si frivole, son père l’envoie au couvent d’Avila. Elle se révolte. Et puis, à 20 ans, elle choisit la vie monastique et prononce ses vœux de carmélite. Elle est devenue sœur Thérèse de Jésus.

Quelques années plus tard, elle commence à fonder des couvents réformés, dits « déchaussés » qui reviennent à la règle primitive du Carmel, très exigeante. Vers 1567, avec saint Jean de la Croix, son disciple, elle soutient la même réforme dans la branche masculine. Cela ne va pas sans heurts.

Et la voilà, toujours sur les routes, fondant des monastères à un rythme soutenu ; il y en aura dix-sept. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire des lettres emplies de conseils, des poèmes, le récit de sa vie.

Tout est extraordinaire dans cette vie. Thérèse bénéficie de grandes grâces mystiques. Jésus lui apparaît souvent, lui parle, l’encourage. Un soir, elle voit un ange brandissant un dard en or. Il l’enfonce plusieurs fois dans son cœur et la laisse toute embrasée d’un grand amour pour Dieu. Cette grâce s’appelle la « transverbération ». Pendant ses nombreuses extases, Thérèse est soulevée de terre et maintenue suspendue au-dessus du sol.

Oui, tout est extraordinaire jusqu’à la date de sa mort. Elle meurt la nuit où le monde catholique passe du calendrier julien au calendrier grégorien qui compte dix jours de moins. On peut dire que Thérèse est morte dans la « nuit du 4 au 15 octobre 1582 ».

 

Mauricette Vial-Andru

 

Actuailes n° 89 – 3 octobre 2018

 

 

 

 

 

 

 




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