Logo
Un bol d’air d’altitude

Un bol d’air d’altitude

18-09-2018 à 23:30:00

Le 4 septembre, dans le cadre du projet « Airbus Perlan II », un planeur a réussi à atteindre une altitude de plus de 22 km : sans l’aide d’un moteur comme un avion ou une fusée ; sans air chaud comme un ballon ; sans battements d’ailes comme un oiseau… Comment peut-on monter aussi haut ?

 

Cela fait déjà un siècle que les hommes ont constaté que le ciel au-dessus de leurs têtes n’est pas agité que par le vent : on y trouve aussi des colonnes d’air qui montent et d’autres qui descendent. Comme quand vous passez votre main au-dessus d’une bougie : l’air réchauffé par la flamme monte. Essayez aussi de souffler sur votre main : l’air passe au-dessus ou en-dessous de l’obstacle. Alors imaginez un vent qui souffle sur une haute montagne : l’air doit contourner l’obstacle par-dessus, ce qui crée un courant d’air qui monte. Courant d’air que savent exploiter les condors dans les Andes comme les pilotes de planeur pour gagner de l’altitude.

 

Ce phénomène peut, dans certaines conditions, créer ce que l’on appelle une « onde de montagne » ou « onde orographique » après son passage sur le massif montagneux : une colonne d’air continue à monter et descendre, jusqu’à des altitudes qui peuvent atteindre les 30 km, notamment en cas de vent fort… Ce qui est justement le cas en Amérique du Sud à la fin de l’été, car de grosses masses d’air froid venues du pôle Sud créent des vents violents au-dessus de la cordillère des Andes. L’ascenseur rêvé pour atteindre des altitudes-record !

 

Voilà de quoi expliquer comment un planeur peut monter aussi haut, mais cette explication ne rend pas complètement hommage au défi technique que représente ce record : des modèles de climat utilisés pour identifier les journées aux conditions idéales, aux heures passées à concevoir et produire un planeur capable de monter aussi haut et à l’habileté des pilotes pour surfer sur les vagues d’air montant… C’est en fait une série d’exploits que nous saluons aujourd’hui. Une belle façon de revenir aux cours de physique et de mathématiques !

 

Malo du Bretoux

 

 Actuailes n° 88 – 19 septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 




Imprimer