Logo
Nobel contre le cancer

Nobel contre le cancer

17-10-2018 à 05:52:00

Le prix Nobel de Médecine vient d’être attribué à un médecin américain, James P. Allison, et à un médecin japonais, Tasuku Honjo, qui ont inventé un nouveau type de traitement contre le cancer : l’immunothérapie ; ils utilisent le système immunitaire, c’est-à-dire les défenses naturelles de l’organisme, pour détruire les cellules des tumeurs. Comment ça marche ?

 

Les tumeurs sont constituées de cellules de notre corps qui se mettent à se multiplier sans aucun contrôle et à se répandre dans le reste de l’organisme, en risquant de détruire les organes et d’entraîner la mort. Jusqu’ici, pour détruire ces tumeurs, on employait des traitements comme la chimiothérapie, un médicament qui tue toutes les cellules en cours de multiplication, cancéreuses ou non, et qui a donc de nombreux effets indésirables ; ou encore la radiothérapie, qui envoie des rayons sur la tumeur pour la « brûler » et peut endommager d’autres cellules sur le trajet.

Le système immunitaire est l’ensemble des cellules qui défendent notre corps contre les agressions extérieures (les virus, les bactéries, etc.) : ce sont des globules blancs, notamment les lymphocytes T, qui se fixent sur les agresseurs et les détruisent. Pour cela, ils reconnaissent à la surface des agresseurs des molécules, les antigènes, qui les activent et les entraînent à « tuer » les intrus.

Le problème du cancer était multiple :

1. Comme les tumeurs sont formées de cellules de notre corps, les lymphocytes ne peuvent pas forcément les reconnaître comme des intrus.

2. Même si les cellules tumorales peuvent aussi être reconnues par les globules blancs, certaines ont des systèmes pour « bloquer » les lymphocytes, en se fixant sur un récepteur de leur surface pour empêcher leur action.

3. La réaction des globules blancs face aux cellules cancéreuses, même si elle existe, est souvent insuffisante pour éviter à la maladie de se développer.

Les docteurs Allison et Honjo ont travaillé depuis plus de vingt ans pour améliorer les défenses de notre organisme contre le cancer. Ils ont réussi notamment à bloquer des récepteurs des lymphocytes T sur lesquelles se fixaient les cellules tumorales, celles-ci ne pouvaient donc plus empêcher l’action des lymphocytes qui visaient à les détruire. Ces traitements sont déjà utilisés avec efficacité dans un certain nombre de cancers et leurs effets indésirables sont nettement moins importants que ceux de la chimiothérapie par exemple.

Les avancées de l’immunothérapie sont impressionnantes, on expérimente en ce moment des « vaccins anticancer » : lorsqu’une personne a une tumeur, les médecins préparent un « échantillon » d’antigènes qui correspondent à la tumeur du patient (ce sont des molécules qui se trouvent à la surface des cellules de la tumeur) et l’injectent au malade. Les lymphocytes T apprennent à reconnaître ces antigènes et à les viser et vont donc détruire les cellules de la tumeur qui les portent également à leur surface. On active donc le système immunitaire contre les cancers, en le rendant plus efficace. Ces vaccins ne sont pas encore parfaitement maîtrisés, mais toutes ces recherches ont ouvert de grands espoirs dans la lutte contre cette terrible maladie.

 

Anne-Sophie Biclet

Actuailes n° 90 – 17 octobre 2018




Imprimer


Commentaires (0)

Il n'y a aucun commentaire pour le moment

Publier un commentaire

Vous devez être connecté au site pour publier un commentaire