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La pauvreté en France en 2018

La pauvreté en France en 2018

17-10-2018 à 06:05:00

Ce phénomène social continue d’inquiéter, d’autant que les plus jeunes sont désormais en première ligne.

C’est un document que notre pays affiche un peu honteusement. Les médias en parlent, puis le sujet retombe dans l’oubli rapidement. Le rapport sur la pauvreté en France, réalisé par l’Observatoire sur les inégalités, présente, cette année encore, un constat accablant : environ 5 millions de personnes vivent avec moins de 855 € par mois, soit 600 000 pauvres de plus depuis l’an 2000. Autres statistiques préoccupantes, un jeune sur dix (jusqu’à l’âge de 18 ans) vit sous le seuil de pauvreté et 30 000 enfants vivent avec un seul parent sous ce seuil. Le rapport relève également que 11,8 % des 20-29 ans sont pauvres.

Ce phénomène social n’est évidemment pas inédit. On peut même dire qu’il a toujours existé dans toutes les sociétés. Néanmoins, la pauvreté aujourd’hui en France, comme dans les pays occidentaux, s’explique par des facteurs dont les racines sont à chercher en dehors des frontières hexagonales. En effet, la mondialisation, avec le développement des échanges internationaux, a introduit sur le territoire national davantage de concurrence avec, notamment, des produits manufacturés à bas coût venant des pays en développement. Il faut ajouter à cela le progrès technologique qui, en raison de la robotisation et l’automatisation, a détruit un grand nombre de postes en usine. Des milliers de travailleurs ont ainsi perdu leurs emplois et, étant peu qualifiés, se sont retrouvés dans des situations précaires. Par ailleurs, la France n’a pas connu de période de plein emploi depuis 1981 et affiche aujourd’hui un taux de chômage avoisinant les 10 %. Enfin, l’accroissement du nombre de familles monoparentales et l’inégal accès à l’éducation parmi les jeunes génèrent des situations précaires qui peuvent conduire à une situation de pauvreté.

Le président Macron a dévoilé en septembre son plan de lutte contre la pauvreté, assortie d’une aide de 8 milliards d’euros sur quatre ans. Ce plan prévoit notamment l’ouverture de 90 000 places supplémentaires dans les crèches, l’institution d’un repas à 1 € dans les cantines pour les enfants les plus défavorisés, la mise en place d’un revenu universel d’activité pour soutenir les plus pauvres et l’extension de la couverture maladie universelle (CMU) pour permettre un meilleur accès aux soins aux plus vulnérables.

 

Mikaël de Talhouët

Actuailes n° 90 – 17 octobre 2018

 

 

 

 




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